10 juillet 2007
De la bonne électricité ?
« L'objectif d'Écolo Watt est double : éclairer le choix des consommateurs qui souhaiteraient opter pour une électricité respectueuse de l'environnement, et mettre en valeur les opérateurs qui adoptent une démarche résolument écologique, déclare Frédéric Marillier, chargé de campagne Énergie à Greenpeace France. Le classement risque d'évoluer dans les mois qui viennent et nous en publierons dès la rentrée une version actualisée. »

Avec une note globale de 17/20, c'est Enercoop qui prend de très loin la tête du comparatif Écolo Watt. À part GEG Sources d'énergies, qui atteint un niveau moyen (10,9/20), tous les autres opérateurs réalisent des performances globales mauvaises (Poweo, 7,3/20 ; Electrabel, 7,4/20 ; Gaz de France, 5,8/20), voire catastrophiques (EDF, 4,9/20 ; Direct Énergie, 4,5/20). « À part Enercoop, qui s'approvisionne directement et à 100 % auprès de producteurs d'électricité d'origine renouvelable, la plupart de ces entreprises sont pénalisées car elles se contentent de revendre l'électricité achetée à EDF et principalement produite à partir du nucléaire, explique Frédéric Marillier. Or ce n'est pas parce qu'elle n'émet pas de CO2 que la technologie nucléaire est respectueuse de l'environnement ! »
La méthode
Pour réaliser le comparatif Écolo Watt, Greenpeace a évalué non pas les diverses offres une à une, mais les opérateurs eux-mêmes. C'est en effet au niveau global de l'activité et de la politique des fournisseurs qu'il est pertinent d'évaluer les impacts sur l'environnement et les bonnes pratiques. Un questionnaire a été envoyé à chaque entreprise (producteurs et/ou négociant) susceptible d'offrir ses services aux particuliers à compter du 1er juillet 2007 (Direct Énergie, EDF, Electrabel, Enercoop, Gaz de France, GEG Sources d'énergies, Poweo * ). L'évaluation procède selon trois critères principaux :
- la composition du mix énergétique (répartition par type de sources d'énergie) ;
- la politique énergétique (investissements ou non dans les renouvelables) ;
- les services et la politique commerciale (audit, suivi de la consommation, système tarifaire incitant à maîtriser sa consommation...).
Au final, en fonction des points acquis pour chaque critère et d'un système de pondération, une note globale sur 20 est attribuée à chaque fournisseur.
Écolo Watt, pour éviter le piège des « offres vertes »
L'énergie « verte » désigne l'électricité issue de sources renouvelables (éolien, géothermie, solaire, biomasse). Avec l'ouverture du marché, les nouveaux fournisseurs vont tout tenter pour séduire les consommateurs : jouer sur les prix, bien sûr, mais aussi rivaliser d'offres dites « vertes ». Or toutes ces offres ne se valent pas. La plupart d'entre elles constituent une bonne affaire pour les fournisseurs d'électricité bien plus que pour l'environnement. « À l'heure où l'écologie est aussi devenue un argument marketing, il est nécessaire de distinguer ceux qui se contentent de montrer patte verte à peu de frais de ceux qui adoptent une démarche écologique sérieuse », affirme Frédéric Marillier.
Répondre à l'urgence écologique passe par deux grandes priorités : il nous faut être à la fois plus sobre et efficace dans notre utilisation de l'énergie et, en même temps, développer les renouvelables. Chacun peut agir de son côté. Opter pour un fournisseur bien noté par Écolo Watt, c'est faire la révolution énergétique à la maison !
* Un huitième fournisseur, Alterna, s'est ajouté à cette liste, mais trop tardivement pour être pris en compte dans le classement Écolo Watt.
18:40 Publié dans Et le monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : electricite, greenpeace
Cette facétie d'Alain lipietz est excellente.
Grenelle de l’environnement : les pieds-nickelés du houèbe. Eh non ! en cliquant sur http://legrenelleen
Le ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables a publié une présentation de la stratégie, qui mène à un dossier de presse, à partir duquel on arrive enfin au contenu même du dossier de presse.
Dans ce dossier(pdf, 250 ko) du 6 juillet est annoncée, entre autres, la création du site web du Grenelle de l’environnement.
Vous avez fait ce clic vendredi ou samedi ? Rien. Le site n’existait pas. Son nom de domaine n’était même pas acheté. La fée Perline, ma webmaitresse - tout à fait disposée à travailler pour le Grenelle de l’environnement - s’est empressée de me l’acheter et de l’activer. Et vous voilà chez moi. Bienvenue !
Remarquez, vous n’avez pas perdu votre temps. Depuis 1984 les Verts représentent en Francecomme en Europel’expression politique de l’écologie, et en tant que chercheurpuis député européenj’y travaille depuis pas mal de temps.
N’empêche que c’est une diable de bonne idée, pour un homme qui fustigea durant toute sa campagne les « séquelles de mai 68 », de commencer son septennat par un somptueux hommage à la Conférence de Grenelle qui a clos le chapitre social de cet immense et salutaire soubresaut de la société française que fut mai 68.
Un accord quadripartite associations-
Je suis disposé à revendre ce nom de domaine à Monsieur Borloo, pour la somme de 20015 euros : 15 euros qu’il m’a coûté et 20000 à partager entre quelques organisations méritantes et nécessiteuses, telles que France Nature Environnement, Sortir du nucléaire, Crii-rad, Acro, Kokopelli, Cniid, etc.
Hélas, il semble que le super ministère, s’apercevant que la place était prise, ait préféré couper l’accés à son houèbe pendant toute la fin de soirée du 7 juillet et modifier légèrement le nom de son site…
À cliquer : Le lien donné par le gouvernement pour le "Grenelle" de l’environnement
10:11 Publié dans Les Verts | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grenelle de l'environnement
03 juillet 2007
Les Verts sont-ils encore utiles ?
Alors que le cuisant échec des Verts à la présidentielle les ramène trente ans en arrière, la quasi totalité de la classe politique s’affiche désormais comme conquise par la cause environnementale. Ce récent consensus ira-t-il jusqu’à rendre caduc le discours des verts ? A travers la parole de divers acteurs des politiques régionales vertes et une interview d’Erwann Lecoeur qui explique que les Verts doivent reposer les enjeux de la crise écologique, l’article d’Aline Chambras se clôt sur le slogan de D. Voynet durant la campagne : il n’y aura pas d’écologie sans écologistes et indique que celui-ci garde une certaine réalité. Lire l’article en cliquant ici.
Revue Territoires, no.479, juin 2007
12:05 Publié dans Les Verts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Les Verts, joly stéphane, stephane joly
28 juin 2007
Le nucléaire n'est pas la solution à la crise climatique
Avant même de rencontrer les principales organisations environnementales pour le Grenelle de l'environnement, Alain Juppé, bref ministre d'Etat chargé de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durable, affirmait qu'il n'existe pas de «solution sans le nucléaire». Cette position inflexible confortait les partisans du nucléaire répétant inlassablement : «Le nucléaire ne produit pas de CO2». Il convient de répondre à certaines contrevérités largement répandues.
S'il est effectivement peu émetteur de gaz à effet de serre, le nucléaire ne représente que 2% de la consommation finale d'énergie dans le monde, il ne permet donc d'économiser qu'une infime part des émissions de gaz à effet de serre. Seule la construction immédiate de plusieurs milliers de réacteurs dans le monde, notamment dans des régions géographiquement et politiquement instables, permettrait au nucléaire de jouer un rôle face à la crise climatique. L'exemple iranien et bien d'autres dans le monde, rappellent chaque jour qu'un usage civil du nucléaire peut mener au nucléaire militaire.
De plus, en confondant habilement énergie et électricité, les férus du nucléaire se gardent bien de rappeler que les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre, comme les transports ou l'agriculture, utilisent bien peu d'électricité! Dès lors, le nucléaire ne saurait être d'une quelconque utilité dans la réduction de CO2 et autres gaz incriminés.
D'autre part, le nucléaire ne garantit pas l'indépendance énergétique de la France. L'uranium utilisé dans les centrales est importé dans sa totalité et les stocks sont limités à une durée d'environ 70 ans. Si le monde entier, à l'exemple de la France, se jetait dans l'impasse nucléaire, cette durée se réduirait à 10 ans.
Le chantage à l'emploi autour du nucléaire est aussi un dangereux alibi. Alors que nos partenaires qui sortent du nucléaire créent un grand nombre d'emplois dans les énergies renouvelables et la maîtrise de l'énergie, la France ignore ces marchés du futur. Elle refuse ainsi de créer des emplois durables, non-délocalisables et équitablement répartis sur le territoire. Une réelle volonté politique qui ferait le choix de l'efficacité énergétique pourrait potentiellement réduire notre consommation énergétique de 50% sans altérer notre confort. La fin du gaspillage est la seule véritable garantie de notre indépendance énergétique. En concentrant plus de 90% des subventions publiques allouées à l'énergie, le nucléaire se rend même coupable de priver les alternatives existantes des moyens qu'elles nécessitent pour constituer une réelle solution face à la crise climatique.
Dépassé, anti-démocratique et coûteux (bien au-delà des prix indiqués sur les factures EDF), le nucléaire bénéficie d'un acharnement thérapeutique qui s'opère au détriment des réelles attentes des citoyens, mais aussi et surtout, des générations futures.
Il est une autre politique plus réaliste. Nous pouvons choisir la fin du gaspillage, les énergies renouvelables et le développement soutenable pour notre pays. Les études à l'appui d'un scénario alternatif au nucléaire ne demandent qu'à être mises en oeuvre. Faut-il encore avoir le courage, l'intelligence et la responsabilité de sortir des schémas du siècle passé!
Par Cécile DUFLOT, Secrétaire nationale des Verts.
12:24 Publié dans Les Verts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cecile duflot, nucleaire, grenelle




