Dominique Voynet, candidate des Verts à la présidentielle, a demandé jeudi à Ségolène Royal de prendre des engagements pour garantir que les électeurs des Verts, qu'elle a appelés à ne pas voter utile au premier tour, lui apportent leurs voix au second. Son dernier meeting de premier tour se déroulait dans le cadre très festif d'une grosse péniche décorée aux couleurs des Verts, amarrée à un quai du Rhône, en plein centre de Lyon. Le bateau a servi ensuite de cadre à une fête de fin de campagne, ouverte par la candidate faisant du mixage en jouant fugitivement le DJ. Une dernière fois, Dominique Voynet a bataillé ferme pour empêcher la fuite de son électorat vers le vote utile en faveur de la candidate socialiste. "Rien ne justifie que l'on vote pour autre chose que pour ses idées", a-t-elle affirmé devant plusieurs centaines de personnes amassées sur la péniche. Des idées qu'elle a réaffirmées avec conviction, mêlant souci pour l'environnement -réchauffement de la planète, OGM, nucléaire, déchets...- et problèmes sociaux, dans une France où "la fracture sociale n'a jamais été aussi béante, aussi odieuse qu'elle l'est aujourd'hui".
Juste avant elle, la secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot avait considéré comme "une atteinte forte à la démocratie la manière dont on culpabilise les électeurs sur leurs choix de vote". Dominique Voynet a argué de l'impact qu'aurait un vote très faible des Verts sur la prochaine consultation électorale et sur l'ensemble de la législature. "Vous n'imaginez pas une seconde, quand même, que le PS qui aurait constaté l'extinction de l'écologie dans les urnes à la présidentielle donnerait aux Verts les moyens de peser aux législatives ?", a-t-elle lancé.
"Si les Verts sont laminés à la présidentielle, on aura un groupe parlementaire ? Non !", a-t-elle ajouté, précisant que si les Verts veulent un groupe à l'Assemblée nationale, c'est pour peser sur les questions de fond et "garantir le rapport de force tous les jours". Les négociations Verts-PS en vue des législatives, suspendues depuis plusieurs mois, devraient reprendre entre les deux tours.
Se disant sûre que Ségolène Royal sera au second tour, elle s'est projetée aussi dans la stratégie d'entre deux tours. Certes, le soutien à Ségolène Royal va de soi -"qui peut croire une seconde que les Verts pourraient préférer Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal ?"-, mais il faut encore, a-t-elle estimé, que la candidate socialiste convainque l'ensemble des électeurs des Verts, avec des "contreparties". "On ne pourra pas leur dire que la France de demain se contentera de proclamer des valeurs, liberté, égalité, fraternité, laïcité, non-violence, solidarité... Nous voulons qu'elles vivent, avec du contenu, des décisions, des engagements", a-t-elle souligné. "Je veux que la gauche soit porteuse d'un projet audacieux, culotté, iconoclaste, généreux, je veux que la gauche gagne si elle est belle, et elle ne peut pas l'être si les Verts sont laminés, elle ne peut pas l'être sans l'écologie", a dit encore Dominique Voynet sous les vivats d'une assistance enthousiaste.